Centrale à gaz dans le canton, bravo les gars…

J’ai appris aujourd’hui dans la presse que le Groupe E, entreprise issue de la fusion de l’ENSA neuchâteloises et des EEF fribourgeoises, lancent un projet de construction d’une centrale thermique, à gaz, dans le canton de Neuchâtel.

On pourra décerner à cette entreprise la palme de la vision à court terme et du mensonge. L’entreprise se base sur ses fameuses projections qui nous feront consommer beaucoup plus d’électricité dans les années à venir, malgré toutes les campagnes visant à réduire cette consommation. Comme un leitmotiv, c’est sur la notion de sécurité d’approvisionnement que l’entreprise se base pour nous montrer par A plus B que cette immense usine est indispensable à notre économie. Je me permet de répondre : faux!

La sécurité de notre approvisionnement passe d’abord par les énergies renouvelables et des économies d’électricité à tous les niveaux. Au niveau des constructions, des ménages et des entreprises.

De plus, cette notion est un mensonge quand on sait que le gaz naturel n’est pas extrait en Suisse. Les problèmes d’approvisionnement en gaz de l’Europe ne font que commencer, malgré la construction de gazoducs dans tous les sens. Dans le journal (L’Impartial du jour), le directeur du projet dit que cela nous évitera d’importer de l’électricité. Oui, cela nous permettra peut-être d’éviter l’importation d’électricité mais nous obligera à importer le gaz pour la produire.

C’est tout ? Non, le gaz peut être comparé au pétrole. Sa combustion produit de grande quantité de CO2, renforçant encore plus les problèmes liés aux changements climatiques. Le gaz naturel est une source d’énergie non renouvelable et même si les réserves sont encore estimées pouvoir subvenir à nos besoins pendant quelques centaines d’années, elles ne sont pas infinies et diminueront d’autant plus vite que celle de pétrole s’épuiseront.

Ce projet est un non sens et représente pour moi le summum de la bêtise. Le Groupe E est hypocrite, d’un côté on construit des monstres projets ultra polluants et de l’autre on se donne bonne conscience en vendant du courant Jade. Bravo les gars…

Des vélos roses dans nos rues ?

L’UDC, fidèle à sa tradition du « On s’attaque à tout », a déposé au dernier Conseil général une interpellation pour demander des éclaircissements sur ces vélos roses qui trainent en ville de la Chaux-de-Fonds. Le Conseil communal n’a toujours pas répondu. Explications…

Le concept des vélos roses est simple : une équipe de potes motivés (dont je fais partie) a décidé de retaper des vélos, de les peindre en roses et de les mettre à la disposition de la population chaux-de-fonnière. Pas de cadenas, pas de règle, sinon de laisser le vélo accessible à chacun lorsqu’on a fini de l’utiliser.

Le projet avait eu l’année passée un bon echo à la Tchaux : plusieurs articles de presse avait traité du sujet, une classe du lycée avait utilisé des vélos roses détruits pour une oeuvre d’art et un court-métrage a été fait à l’ABC dans le cadre d’une semaine de formation au cinéma. D’après les interviews qu’ils ont fait, la population semblait apprécier cette initiative.

Qu’est-ce qui cloche alors ? Que certains aient décidé de les casser plutôt que de les utiliser. C’est triste, l’année dernière, tous les vélos roses mis en circulation ont disparu ou ont été récupérés en pièces détachées.

Dernière ce gachis, il y a peut-être une discussion philosophique intéressante : les vélos appartiennent-ils à personnes ? Ou à tout le monde. Pour les initiateurs du projet, ils appartiennent à tout le monde, et chacun devrait donc les respecter comme un bien commun. A voir le nombre d’épaves qui trainent dans la cours de l’immeuble où ils sont réparés, certains pensent donc plutôt qu’ils appartiennent à personne et qu’il est donc normal de les rendre inutilisables.

Dommage…

Péréquation financière et projets

La ville de Fribourg boucle son exercice sur un déficit de 7 millions (article du Temps du jour). Elle n’est pas la seule cette année, la ville de Neuchâtel et celle de la Chaux-de-Fonds ont fait de même.

Les raisons invoquées sont invariablement les mêmes. Les villes paient pour leur statut de ville-centre, justement. Car une ville, ce n’est pas un village, les infrastructures qu’elle gère, pour le compte de ses habitants mais aussi pour toute une région, font que les charges y sont souvent plus élevées qu’ailleurs dans les campagnes. C’est pour cette raison que le canton de Neuchâtel a introduit un péréquation financière, pour rétablir un peu l’équilibre. Au vu des résultats, ça ne fonctionne pas bien.

Dans le canton, il existe une péréquation financière sur les personnes physiques mais il manque cruellement une péréquation sur les impôts des entreprises, projet que le Grand conseil a pris en main.

Il faudra rapidement revoir les clés de répartition de la péréquation, un projet qui ne date pas d’hier, mais qui rencontre souvent la résistance des communes riches (en contribuables) du bas du canton. Même chose pour les entreprises, le bas du canton est mieux doté, pour diverses raisons, mais principalement celle des infrastructures routières et féroviaires. Et les élus de Neuchâtel ne veulent bien sûr pas voir partir une partie des impôts de leurs grandes entreprises dans le haut du canton.

Divers projets doivent également être mis en place rapidement : le transrun, liaison féroviaire rapide entre le haut et le bas du canton, en est une. Elle permettra de « désenclaver » le haut et de le rapprocher des grandes lignes du bas. Ce n’est pas seulement une question de voyageurs, mais aussi de marchandises.

Même si tous ne sont pas s’accord, le développement de la zone du Crêt du Locle doit avancer rapidement, mais pas n’importe comment, le projet a eu de la peine à passer lors du dernier Conseil général commun aux deux villes du haut, il est pourtant indispensable et les élus de la ville du Locle l’ont mieux compris que ceux de la Chaux-de-Fonds. Malgré le fait que les investissements se feront sur sol chaux-de-fonniers, ils ont massivement accepté le rapport. Les élus de la Chaux-de-Fonds l’ont soutenu du bout des lèvres, grâce notamment à l’abstention d’une partie de l’UDC.

Le développement du haut passera par une meilleure répartition des recettes et une volonté politique de faire avancer certains projets.