Vous avez dit blog politique ?

Après l’émeute bloguesque lancée par Le Temps, le soufflé est tranquillement retombé. Un Swissroll a fait une liste non exhaustive des blogs d’élus romands écrivant en français. Rapidement, le débat a tourné autour du problème de la définition même d’un blog, et de sa différentiation d’un site internet standard.

Wikipedia ne défini pas précisément un blog, sinon par le fait qu’il peut prendre moultes formes et que les formats restent relativement standardisés. Pour moi, ce qui défini un blog, en particulier politique, c’est la capacité d’intéragir par le biais de commentaires. Ici, je me suis fixé comme règle de ne pas censurer, sauf si bien sûr ça dépasse le cadre légal (ou que c’est de la pub !).

Donc pour certains, pour moi aussi, c’est l’interaction entre tous et ouverte à tous qui définit le mieux un blog. Dans la liste de Swissroll, Renaud Gautier, libéral genevois, n’a pas activé la possibilité de poster des commentaires que tous peuvent voir, pour commenter, il faut envoyer un email. Pour moi, c’est à la limite du blog. C’est plutôt un site d’informations. Celui de Lyonel Kaufmann est par contre beaucoup plus blog, avec toutes les possibilités d’interaction.

Et pour revenir à Longchamp & Maudet, je me demandais tout-de-même s’ils étaient naïfs à ce point ou si c’était voulu. En effet, comme tout se voit sur la toile, pourquoi ont-ils eu l’impression d’être « à l’abri » ?

Longchamp et Maudet, le blog antipolitique

Avec le blog des deux radicaux genevois (lire le Temps de hier), la politique rime encore plus avec railler les autres politiciens, si possible de façon sarcastique, bête et méchante (même si j’avoue avoir bien rit de temps en temps). Les deux genevois se sont caricaturé eux-mêmes avec leurs remarques à l’emporte-pièce et leur style « tout casser mais rien proposer ». Standard pour des radicaux me direz-vous… (Tiens, je m’y mets aussi, lol !)

On comprend mieux en lisant leurs textes pourquoi la politique est un milieu machiste où la testostérone a remplacé l’intelligence…

J’espère ne pas trop tomber dans ce genre de travers parce que pour moi la politique c’est un peu plus que juste se battre pour sauver égoïstement son bout de gras en laminant ses adversaires à coût de grosses remarques lourdes et grasses. C’est j’espère aussi avoir des idées et tenter de les faire passer autrement qu’au bulldozer.

Il est temps d’achever l’OMC

Le Monde Diplomatique définissait l’axe du mal non pas comme l’administration américaine, mais par le triumvirat formé du Fond Monétaire International (FMI), de la Banque Mondiale (BM) et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ensemble, ces trois organisations n’ont eu jusqu’à aujourd’hui quasiment qu’un seul but : répandre la pensée unique de l’ultralibéralisme dans le monde entier, de façon totalement antidémocratique.

Le fonctionnement est relativement simple. En échange de prêts, soi-disant pour relancer l’économie d’un pays, le FMI et la BM exigent tout un train de mesures visant à la libéralisation de différents secteurs dans les pays : transports, télécommunications, eaux, etc. Derrière ces deux organismes se cachent les plus grandes entreprises transnationales du monde, prêtes à se jeter comme des vautours sur les domaines les plus rentables et à laisser les miettes (non rentables) au pays qui les accueillent. C’est le début d’une spirale infernale, qui entraine le pays qui se tient à ce système vers le gouffre de l’endettement sans fin. Et c’est finalement la population qui en souffre le plus, et elle n’a bien sûr pas son mot à dire : c’est comme ça et pas autrement !

Quand ce travail de sape est en route, l’OMC arrive avec les mêmes exigences dans d’autres domaines. L’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) tente ni plus ni moins la libéralisation de tous les services, de l’enseignement à la santé et le social, en passant par tous les corps de métier qui offrent un service. La même démarche est à l’œuvre. Les Etats-Unis ou l’Union Européenne exigeaient la libéralisation d’un secteur en échange d’une timide ouverture pour l’importation. Et derrière ces tractations, on retrouve à nouveau les plus grandes entreprises du monde prêtes à déverser des milliards pour s’adjuger des marchés rentables et laisser ceux qui ne peuvent se payer le luxe de ces services au bord de la route.

Mais voilà, en voulant s’attaquer à la libéralisation totale de l’agriculture, les Etats-Unis et l’UE n’ont pu se mettre d’accord (lire la presse du jour) et toutes les négociations commencées il y a cinq ans sont au point mort.

Il est peut-être temps de se poser la question s’il ne serait pas plus simple de couler définitivement le paquebot. Mais rien n’est simple… J’étais l’année dernière au Forum Social Suisse à Fribourg et j’ai suivi les discussions d’une table ronde sur la question, regroupant des acteurs de chez nous, mais surtout de pays en voie de développement, d’Afrique en particulier. L’intérêt des discussions tournait autour de l’idée qu’il faut effectivement réguler le commerce mondial, lui fixer des règles strictes, mais dans un cadre démocratique, qui donnent à tous les pays la possibilité de se développer à leur rythme et dans le sens qu’il entend prendre, sans subir la pression des voraces multinationales.

Il est donc temps d’achever l’OMC. Mais pas totalement, il faut la remplacer par un gendarme du commerce qui règle plutôt qu’il dérègle et qui offre à tous les pays du monde la possibilité de se développer à leur guise. C’est l’ultralibéralisme qu’il faut détruire, pas seulement les pions qu’il a placé sur l’échiquier de la bureaucratie mondiale.