Le centre, quel centre ?

Daniel Musy se demande sur son blog où se situe le centre en ville ou dans le canton et qui incarnerait le mieux un Bayrou neuchâtelois

Si je lis le programme de Bayrou, surtout sa proposition de social-économie, j’ai l’impression de lire le programme du socialisme troisième-voie de Blair, Schröder et compagnie. « Réconcilier l’économie et le social [sic!]« , « économie créative », « innovation », les « organisations syndicales doivent être des interlocuteurs privilégiés », toutes ces phrases de son programme sont aussi dans celui des socialistes suisses. Mais voilà, la politique ne se fait pas véritablement sur ce que l’on propose ou défend, mais sur les oppositions que crée le débat (c’est souvent peu constructif à mon avis et je le regrette).

Et malgré toute ma sympathie pour Bayrou, j’ai trop l’impression que le centre incarne simplement un mélange des programmes de gauche et de droite. Il n’y a pas de nouveautés. On prend un peu à gauche, un peu à droite, un peu chez les Verts, on secoue un coup (Bayrou parle plutôt d’écrémer) et hop, on obtient une nouvelle politique censée tout résoudre.

Et malheureusement, cette politique du « consensus minimal absolu » est incompatible avec l’opposition qui caractérise la politique actuelle. A mon avis, les résultats du premier tour des présidentielles françaises en sont également le reflet. Le centre de Bayrou n’a pas tellement gagné parce qu’il est une force de proposition, mais parce que nombre d’électeurs ne voulaient ni de la gauche, ni de la droite. C’est donc le résultat d’un vote d’opposition…

Reste à savoir s’il est utile ou non…! (le taux d’abstention chez ceux qui ont voté Bayrou au premier tour sera un bon indicateur.)

L’éveil d’une ville

La Chaux-de-Fonds s’est dotée aujourd’hui d’une nouvelle signalétique grand format à l’entrée de la ville. Pour moi c’est le signe très clair d’une mutation en marche. La ville sort de son enfermement et c’est un immense soulagement. Vous avez peut-être remarqué combien j’aime ma ville et je sens qu’elle se réveille.

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Les finances vont mieux. Malgré un déficit de 5 millions en 2006, les chiffres sont améliorés d’environ 10 millions par rapport au budget (qui avait tenu en haleine la ville pendant plusieurs mois au début de l’année passée). Et l’année 2007, sauf effondrement de l’économie mondiale, sera dans la même veine (j’y reviendrai dans un billet ultérieur).

Ce n’est pas tout, la ville a des projets, elle crée des emplois (3/4 des emplois créés dans le canton le sont à la Chaux-de-Fonds), accueille de nouvelles entreprises et modernise son image. L’inscription potentielle de la ville (avec celle du Locle) au patrimoine mondial de l’humanité, la revitalisation du centre-ville et de la gare aux marchandises et la volonté de développer la zone du Crêt-du-Locle en une entité indépendante mais reliant la métropole horlogère à la ville du Locle projettent la ville dans l’avenir (et ceci indépendamment de mes critiques à l’égard de ces projets, voir mes billets précédents).

Pour la première fois depuis trop longtemps, on ne parle pas des finances catastrophiques ou des difficultés d’enlèvement de la neige, on parle d’attractivité. La revue Monocle y consacre 12 pages en mars 2007 et encense son image et ses habitants : « Durant des siècles, ses artisans ont créé les montres les plus fines du monde. La ville la plus haute d’Europe [c’est faux, mais bon…] est également le berceau de l’architecture moderne, Le Corbusier y est né. Tout comme le constructeur d’automobiles Louis-Joseph Chevrolet et le peintre romantique Louis Léopold Robert. Marx loua ses travailleurs et Lénine la visitait lorsqu’il apprit la chute du Tsar. Et pourtant, en dehors de la Suisse, peu de personnes ont entendu parler de la Chaux-de-Fonds, la ville où le temps est partout ».

La ville s’éveille, j’y crois, et vous ?

Qui a peur de l’écologie libérale ?

On peut être de droite de deux manières : parce qu’on est un fervent défenseur de l’économie de marché et parce qu’on souhaite moins d’Etat ou mieux d’Etats comme diraient certains (PDC, Radicaux et Libéraux), ou parce qu’on est nationaliste et conservateur (Démocrates suisses) ou les deux (UDC, d’où la notion de national-libéralisme).

Et on peut être de gauche parce que les thèmes sociaux nous semblent primordiaux, parce qu’on souhaite que l’Etat puisse assumer pleinement son rôle, pour défendre de véritables services publics et pour espérer améliorer le quotidien de ceux qui ont le moins pour vivre ici et ailleurs.

N’y allons pas par quatre chemins, être écologiste ne signifie pas forcément être dans le second groupe, on peut être écologiste et faire partie du premier groupe, ce n’est pas une contradiction, et les élections cantonales zurichoises l’ont montré. Martin Bäumle, ce dissident du parti écologiste suisse (parce qu’il trouve que nous sommes un ramassis de gauchiste, mais aussi, peut-être surtout, parce qu’il a été évincé de la présidence des Verts zurichois) le dit (Le Temps du jour) « Regardons au-delà des clivages traditionnels. On a toujours considéré l’écologie comme un thème de gauche. Une vision périmée ». Soit, mais pourquoi ?

J’ai ma théorie. Parce qu’on a longtemps opposé écologie et économie. Toutes les propositions des Verts au parlement sont jugées comme économiquement non viables (pas de taxe sur le CO2, pas de limitation du trafic poids-lourd à travers les Alpes, pas de frein aux dépenses en infrastructures routières, pas de limitation dans l’extension des zones à bâtir, etc.) Alors si quelqu’un souhaite dépasser les clivages, qu’il fasse en sorte que son camp réfléchisse également à son positionnement dogmatique. C’est pourquoi je souhaiterais vivement qu’écologie libérale s’allie à un groupe de droite, PDC ou Radicaux, histoire de leur apprendre les bases du développement durable et les faire sortir de leur propre dogmatisme financier.