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LPP : il est temps de réformer le système!
Après le rejet massif de la LPP, la droite s’interroge sur son échec. Fulvio Pelli signale que « la confiance en ceux qui gèrent le système financier est érodée ». C’est le moins qu’on puisse dire, et c’est compréhensible.
La Confédération a soutenu les banques à coup de milliards, rejoignant en cela la plupart des autres pays du monde. L’UBS était d’après les tenant de l’économie de marché, « trop grande pour foirer ». Soit. Mais ici comme ailleurs, les gouvernements ont massivement injecté des fonds dans le système financier, sans lui demander de se réformer. Comme si la crise économique que nous vivons était un accident, et que finalement notre système financier fonctionnait à merveille.
Une année plus tard, les banques se sont remises, alors même que le taux de chômage atteint des sommets. Le Crédit Suisse annonçait le 11 février un bénéfice « historique » pour 2009 de 6,72 milliards de francs. Pour l’UBS, si l’année 2009 est globalement déficitaire, le bénéfice atteint tout de même 1,205 milliard de francs pour le quatrième trimestre de l’année passée. Dans la foulée, les banques ont recommencé leur pratique de versement de bonus démesurés. La honte. A l’image de ce qui a été mis en place aux Etats-Unis, la Confédération a sauvé les banques en espérant – sans l’imposer – qu’elles participent à l’effort pour sortir de la crise économique. En réalité, elles ne se sont sauvées qu’elles-mêmes. Au détriment des citoyennes et des citoyens.
Faire le parallèle entre le système financier et la LPP n’est pas de mauvaise foi. Les assurances qui gèrent les fonds de prévoyance ont faits de mauvais résultats ces dernières années, parce qu’elles investissement l’argent des citoyennes et des citoyens dans des placements douteux et volatiles et parce qu’elles privilégient une vision financière à court terme au détriment de la vision à long terme qui devrait définir la gouvernance de ces institutions. A l’instar des banques, les assurances ont privilégiés leurs actionnaires au détriment du bien commun, et l’ont fait avec notre argent.
Le Parlement doit maintenant imposer une réglementation stricte en matière de politique de placement. La gouvernance des institutions de prévoyance doit être revue afin que les dirigeants travaillent pour l’argent des cotisants, sans la pression des actionnaires. L’ensemble des revenus générés doivent être investis dans les rentes, au centime près.
Sauver le système de prévoyance passe par une démarche radicale de régulation. Pour le bien de tous. Et tant pis si ça ne plaît pas aux partis de droite ou à economiesuisse.
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Fabien Fivaz, le 2010-03-08 | 0 commentaire(s) | Permalink | 146 lecture(s)
Redressement des finances de l'Etat... La bonne solution ?
Intervention au Grand Conseil de février 2010.
Madame la présidente, mesdames et messieurs,
Réformer… Difficile d’avoir aujourd’hui un discours politique sans que le mot apparaisse toutes les deux phrases. La réforme a toujours existé, elle est l’évolution d’un Etat qui s’adapte aux changements de la société. C’est un processus permanent et naturel. C’est malheureusement aussi devenu un objectif, une finalité en soi. La réforme est devenue un état permanent de l’Etat. Ce qui n’a pas été réformé passe pour archaïque, celui qui ne réforme pas passe pour un idiot, un mou ou un réac’, parce que ce thème est à la mode. Pour la femme ou l’homme politique « moderne », c’est devenu une raison d’exister politiquement (j’ai presque envie de dire de survivre). « Je réforme donc je suis » aurait sans doute dit Descartes aujourd’hui ! Ce discours de la réforme oublie trop souvent de prendre en compte l’utilité et les conséquences qu’elle implique. Ce n’est pas parce qu’untel claironne dans la presse qu’il a réformé tel ou tel service que celui-ci fonctionne forcément mieux.
Nous y voilà donc. Le Conseil d’Etat nous propose aujourd’hui d’adopter un énième plan de redressement des finances et de réforme de l’Etat. Malheureusement, celui-ci se borne à n’aborder que les aspects techniques et financiers. Ses conséquences probables ne sont pas énoncées. Ou pire, dissimulées. Le lien qu’a voulu le gouvernement entre ce rapport et son plan financier, refusé par notre conseil il y a à peine un mois, le montre bien. La seule chose qui semble claire, et qui dans un sens nous fait craindre le pire, c’est que : « seule la renonciation à des prestations permettrait d’améliorer le budget ». Cela montre que pour le gouvernement, les finances priment sur les prestations. Ceci est inacceptable à nos yeux.
Le redressement des finances n’est pas une fin en soit, c’est un processus qui doit idéalement déboucher sur une situation financière plus saine qui permette à l’Etat de jouer son rôle social (maintenir dans la durée les prestations dont les citoyennes et citoyens veulent et ont besoin), son rôle économique (en particulier dans des temps difficiles comme ceux que nous traversons) et d’investir pour l’avenir de la population de notre canton. Le Conseil d’Etat reprend ces thèmes mais préfère les opposer plutôt que de les voir de manière conjointe.
Qu’y a-t-il de nouveau dans la démarche proposée ? Pas grand-chose. En 2006 déjà, le canton s’est doté d’un fonds destiné aux réformes des structures de l’Etat. Pendant quatre années, le Conseil d’Etat a utilisé ce fonds pour réformer l’administration de manière « interne ». Au sein de notre groupe, certains voient ainsi d’un très mauvais œil que nous allions chercher des ressources extérieures et nouvelles pour les restructurations. Comme si le fait d’être « externe » rendait compétent et était automatiquement gage de réussite du projet. Pourquoi ne pas avoir dégagé les ressources nécessaires « à l’interne » ? L’idée d’un coach externe – vous l’aurez compris – ne soulève donc pas l’enthousiasme des troupes PVS. Surtout au vu des dernières propositions du Conseil d’Etat en la matière. Le profil de la personne qui devra encadrer les réformes est extrêmement important. Nous enjoignons le Conseil d’Etat à ne pas sombrer dans le bling bling. Ce qu’il faut, c’est une personne qui ait une sensibilité sociale, qui connaisse spécifiquement nos contrées et dont les compétences devront être mises au service de la population plutôt qu’au service de son propre égo ou au service de celui du Conseil d’Etat. Ce qui différencie également la démarche précédente de celle que nous traitons aujourd’hui, c’est peut-être la marge de manœuvre du Conseil d’Etat. L’utilisation du fonds destiné aux réformes était très largement contrôlée par le Grand Conseil – la CGF. Nous craignons que demain, ce contrôle soit plus difficile. Accepter ce crédit, c’est signer un chèque en blanc. Nous prions donc le Conseil d’Etat de faire preuve d’une grande transparence. Finalement encore, certains au sein du groupe estime que le crédit est trop élevé dans la situation économique et financière actuelle. Deux millions et demi par année, ce n’est pas rien dans le cadre des restrictions liées aux freins.
Un des plus grands biais de la démarche réside dans un mensonge. Je cite : « Depuis bientôt deux décennies, le canton de Neuchâtel aligne les budgets déficitaires. » C’est certes vrai, mais si le Conseil d’Etat avait présenté les choses sous l’angle plus honnête des comptes, le constat aurait été différent (à ce propos, nous nous demandons d’ailleurs si le Conseil d’Etat n’a pas sciemment repoussé sa présentation des comptes 2009 pour qu’elle n’interfère pas avec la décision que nous devons prendre aujourd’hui). L’angle de vision budgets conduit le Conseil d’Etat à qualifier la situation de « plus viable » : un peu fort pour un canton qui vient d’aligner trois exercices bénéficiaires. Cette logique de présentation sous l’angle du seul budget se retrouve dans la manière dont le Conseil d’Etat calcule le déficit structurel qu’il évalue à l’aune du budget… 2010 ! Le déficit structurel est avant tout un chiffre politique. Il fixe un cadre en matière d’assainissement de la situation financière. Et dans ce domaine, c’est un euphémisme de dire que nous ne sommes pas d’accord avec le Conseil d’Etat. Le déficit structurel est « un déséquilibre grave et durable entre [les] revenus et les charges ». Soit. Si nous nous permettons d’insister sur ce point, c’est que le déficit correspond grosso modo aux baisses d’impôts consenties durant la dernière décennie. C’est pour cela que nous appuyons très fortement l’amendement concernant l’optimisation des revenus. Nous ne voulons pas entrer dans une guerre de chiffres. Lorsque le Conseil d’Etat voit un déficit structurel, nous, nous voyons des prestations, des services, des employées et employés ou tout simplement, des citoyennes et citoyens, envers qui l’Etat a des devoirs.
Après tant de critiques négatives, passons maintenant aux choses positives. Le groupe PVS salue en premier lieu la vision à long terme que dessine le rapport. Nous voulons des réformes, mais des réformes intelligentes, qui se font à fois dans la durée et dans le respect des personnes employées ou citoyennes. L’Etat doit être suffisamment fort pour maintenir les prestations et services dont il a la tâche. Dans le respect de toutes et tous. Un autre aspect que nous saluons, c’est que le Conseil d’Etat ne réinvente pas la roue. Les mécanismes choisis ont déjà fait leur preuve ailleurs. Nous ne sommes pas donc pas dans une nouvelle expérimentation sauce neuchâteloise. Attention toutefois à ne pas être angélique. Ce n’est pas parce que la méthode fonctionne techniquement, qu’elle aura automatiquement des conséquences financières « positives », en particulier parce que le Grand Conseil reste maître du budget, un point qu’il n’est pas inutile de rappeler au Conseil d’Etat. La plupart des réformes qui seront entreprises devront être avalisées par notre Conseil et c’est sans doute à ce moment-là que l’efficacité financière du système pourra être testée, de même que la volonté de travailler avec le Grand Conseil, pour le bien de neuchâteloises et neuchâtelois.
Au sein de notre groupe. La discussion autour de ce rapport a été intense, voire houleuse. Une partie estime que des réformes sont indispensables, mais d’autres voient dans la situation actuelle un problème conjoncturel plutôt que véritablement structurel.
Dans ces conditions, vous comprendrez que notre groupe est relativement divisé sur ce rapport. Certains l’accepteront – moyennant l’acceptation des amendements de la CGF – parce qu’ils estiment ces réformes nécessaires. Pour d’autres, nous allons trop loin, trop vite ou dans la mauvaise direction. Ceux-ci ne pourront l’accepter.
Une dernière chose – un détail. Pendant des années, les externalisations semblaient être LA panacée ; LE moyen de réformer nos structures. Le Conseil d’Etat semble en être revenu. La perte de maitrise financière (et surtout politique) qu’entraîne les externalisations est finalement un aveu d’échec de celles-ci. Sur ce point, nous remercions le Conseil d’Etat d’être (enfin) d’accord avec nous.
Je vous remercie.
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Fabien Fivaz, le 2010-03-03 | 0 commentaire(s) | Permalink | 124 lecture(s)
La cohabitation à la neuchâteloise : scènes de ménage
Mise à jour (4 février 2010) : Les récents événements sur Hôpital neuchâtelois (voir plus bas) renforce encore mon opinion : le Conseil d’Etat à majorité absolue PLR ne fait rien pour apaiser les tensions avec le Grand Conseil. Jusqu’où peut-on aller dans la confrontation ?
Depuis les dernières élections cantonales, la vie politique neuchâteloise est rythmée par l’opposition entre un gouvernement de droite et un parlement de gauche, et chaque groupe politique peine à y trouver ses marques. Les choses sérieuses ont commencé en décembre avec le budget. Le Conseil d’Etat est venu avec une proposition inadmissible pour la gauche : faire passer le budget à tout prix dans les limites du frein à l’endettement. Une décision absurde alors même que le canton de Neuchâtel traverse une des pires crises économiques de son histoire, et que les mécanismes de freins prévoient justement des dérogations dans ces conditions. L’entêtement du Conseil d’Etat s’est encore confirmé lorsque la menace d’un refus du budget par la gauche l’a conduit à considérer des mesures de rétorsion à l’encontre de l’ensemble des services et institutions para-publiques en décidant de gérer l’absence de budget en tantièmes du budget… 2010 ! Un affront que personne n’a véritablement gouté au sein du parlement, de gauche comme de droite. La suite de la saga budgétaire montre une des facettes possibles de la cohabitation, à savoir la réunion des forces qu’on pourrait qualifier de centristes – forces qui sont seules représentées au gouvernement – au sein d’une coalition tiraillée entre la compromission et l’envie de plaire à sa base.
Le deuxième acte de cette difficile cohabitation s’est noué en janvier avec le programme de législature et le plan financier qui l’accompagne. Sur ce point aussi, le Conseil d’Etat a voulu imposer sa vision à la majorité du Grand Conseil en proposant des coupes dans les structures de l’Etat pour environ 150 millions de francs à l’horizon 2016. Sans aucune piste pour y parvenir. Sa vision politique s’est arrêtée à la seule dimension financière. Un affront pour la gauche qui a cette fois imposé au Conseil d’Etat une autre manière de voir la cohabitation. Le projet a été sèchement refusé, le Conseil d’Etat devra donc assumer seul son programme de législature pendant les trois prochaines années.
Les prochains mois ne s’annoncent pas moins mouvementés. Le gouvernement présentera en février un programme de redressement des finances cantonales que la gauche amendera pour y enlever le lien que le Conseil d’Etat avait mis avec son programme de législature. Dans le courant de l’année devrait aussi arriver sur la table des députés un texte sur la fiscalité, en particulier des entreprises, un domaine qui, dans le canton de Neuchâtel, provoque à chaque fois de durs combats politiques.
Le Conseil d’Etat doit prendre la mesure de la cohabitation et accepter l’idée que la coalition « centriste » entre le PS et le PLR risque bien de rester une exception au profit d’un affrontement traditionnel entre la gauche et la droite, contrairement d’ailleurs à ce que prédisaient grand nombre de commentateurs suite aux élections cantonales de 2009. Dans cette configuration, le Conseil d’Etat doit impérativement revoir ses propositions pour les rendre plus compatibles avec les idées de la majorité du parlement, sans quoi ce canton n’avancera pas durant ces prochaines années, alors que justement il a besoin de réformer profondément de ses structures.
A paraître dans le prochain bulletin des Verts Romands (si tout va bien…)
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Fabien Fivaz, le 2010-02-04 | 0 commentaire(s) | Permalink | 453 lecture(s)
HNe: Jean-Pierre Authier doit démissionner ou ne pas être renommé par le Conseil d'Etat
Mise à jour (29/01/2010) : en réalité, Monsieur Authier n’a pas besoin de démissionner, c’est au Conseil d’Etat de ne pas le renommer… Verdict mercredi prochain!
Mise à jour (4/02/2010) : la confrontation continue, le Conseil d’Etat n’a en effet pas jugé utile de décider, laissant ainsi tout le monde dans le flou. Il n’a pas “cédé” aux demandes du Grand Conseil et a, d’après Le Temps, retiré ce dossier des mains de Gisèle Ory, jugée peu collégiale.
L’article du jour de l’Express et l’Impartial traduit bien la demande des députés lors du Grand Conseil de ce début de semaine: le président du Conseil d’administration d’Hôpital neuchâtelois doit démissionner immédiatement. C’est une question de crédibilité de l’institution, mise à mal par tant de faux pas et tant de batailles politiques.
Hôpital neuchâtelois est un gigantesque paquebot au budget colossal qui absorbe près de 195 millions de francs de subventions de la part du canton (presque 10% du budget de l‘État). Depuis sa création, HNe souffre d’un problème politique, lié à la répartition de ses missions entre le Haut et le Bas, mais aussi des problèmes opérationnels, logistiques et de personnel. Au final ce sont les patients qui en paient le prix fort, et tous les citoyens à travers leurs impôts.
Ces derniers temps, Monsieur Authier, Président du Conseil d’administration de nos hôpitaux a mélangé les genres. Alors qu’il est engagé pour gérer les aspects opérationnels d’HNe, il a décidé de faire de la politique, en s’immisçant dans les affaires du Conseil d’Etat, du Grand Conseil (les institutions de tutelle de HNe, rappelons-le) et plus généralement dans la politique cantonale. Une délégation de compétence que ne lui a pas donné le Grand Conseil et le peuple dans la Loi sur l’EHM. Mais voilà, lorsqu’on a siégé dans un exécutif communal et au législatif cantonal, on garde ses vieux réflexes partisans. Le PLR le lui a d’ailleurs bien rendu hier au Grand Conseil en devenant sa garde rapprochée, le dernier rempart contre ce Grand Conseil qui, toujours d’après ce cher président, ne comprend rien à rien.
Le Conseil d’Etat traitera ce dossier lors de sa séance de mercredi prochain. D’ici-là, espérons que Monsieur Authier prenne la mesure de la demande formulée hier par la grande majorité du Grand Conseil et qu’il démissionne, pour le bien de nos hôpitaux.
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Fabien Fivaz, le 2010-01-28 | 0 commentaire(s) | Permalink | 505 lecture(s)
Révision de la Loi sur l’assurance-chômage, quels coûts pour le canton et ses citoyen-ne-s?
J’ai déposé aujourd’hui au Grand Conseil l’interpellation suivante :
Durant la session de décembre 2009 des chambres fédérales, le Conseil national a renforcé une série de mesures qui avaient été précédemment adoptées par le Conseil des Etats dans le cadre de la révision de la Loi sur l’assurance-chômage.
Ces modifications, en particulier la réduction de la durée de l’indemnisation – une mesure qui touche en particulier les jeunes – et la diminution des montants de l’indemnité pour les chômeurs et chômeuses de longue durée, défavorisent en premier lieu les chômeurs et les chômeuses, ainsi que les personnes qui sont menacées par le chômage, mais aussi les cantons et les communes qui sont aujourd’hui les plus touchés par la crise, aux premiers rangs desquels on trouve le canton de Neuchâtel.
Il nous semble en effet que dans la situation économique actuelle, les personnes qui ne pourront pas ou plus toucher le chômage devront sans aucun doute avoir recours à l’aide sociale pour vivre. La nouvelle révision et les modifications récemment apportées au projet du Conseil fédéral, entraîneront donc un transfert de charges de la Confédération vers les cantons et les communes, et ceci peut-être dès cette année –transfert de charges qui devra s’insérer dans une situation budgétaire cantonale déjà difficile.
Nous aimerions donc que le Conseil d’Etat nous éclaire sur quelques points :
- Quelle est sa position par rapport à ces modifications?
- Peut-il chiffrer les coûts que pourraient représenter ces mesures pour le canton de Neuchâtel ? En terme financier pour l’ensemble des collectivités publiques, mais également humain (nombre de chômeurs et chômeuses potentiellement touchés)?
- S’il ne partage pas la position du Conseil fédéral et de la majorité des chambres en la matière, qu’entend-il mettre en œuvre pour montrer son désaccord?
- Peut-il imaginer s’allier avec d’autres cantons, au travers par exemple des conférences intercantonales, afin de faire valoir ses arguments et empêcher tout ou partie des transferts de charges que la révision impliquera pour le canton et les communes, et leurs citoyens?
Le développement oral avait la teneur suivante :
Les groupes PopVertsSol et Socialiste ont déposé en juin 2009 une motion (09.151) demandant au canton d’intervenir auprès du Parlement et du Conseil fédéral pour sauvegarder l’assurance chômage, actuellement mise à mal par une quatrième révision de la Loi sur l’assurance chômage. Entre temps, l’actualité semble nous avoir donné raison, non seulement le Conseil des Etats a accepté globalement le projet du Conseil fédéral, mais surtout, le Conseil national est allé plus loin en durcissant encore plus les mesures déjà préconisées.
En octobre 2009, la Conférence des directrices et directeurs cantonaux des affaires sociales a mandaté un bureau afin d’étudier les effets de la quatrième révision de la LACI sur les cantons et les communes. Les résultats sont sans appel : la révision de la Loi engendre un transfert de charges de la Confédération vers les cantons et les communes pour un montant estimé entre 137 et 236 millions de francs par année. Ceci relativise fortement les économies engendrées par cette révision : le coût de l’assainissement de l’assurance chômage se fera d’une part sur les chômeurs eux-mêmes, mais également sur le dos des collectivités. Révision après révision, La Confédération transfert peu à peu – mais durablement – sa responsabilité humaine, mais également financière, sur les cantons.
Et le nôtre est particulièrement touché puisqu’au coude à coude avec le canton de Genève, il occupe aujourd’hui la première place dans la sombre liste des cantons les plus touchés par le chômage. L’aide matérielle coûte aujourd’hui chez nous plus de 80 millions de francs par année. Cette révision de la LACI risque bien de plonger encore plus nos collectivités dans les chiffres rouges. Sans compter que, et c’est la CDAS qui le dit, le statut de dépendant de l’aide sociale est souvent plus « négatif » que celui de chômeur en terme de santé, de chances de retrouver un emploi et d’intégration sociale (la CDAS parle de « stigmatisation supérieure»).
On sait à quel point, dans notre système politique, il est plus facile de démanteler des prestations que des les améliorer. Nous demandons donc au Conseil d’Etat de nous renseigner sur les points énumérés dans l’interpellation.
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Fabien Fivaz, le 2010-01-26 | 0 commentaire(s) | Permalink | 505 lecture(s)
Triste...
Ca se passe de commentaire et ça me désole. Vive la démocratie, vive la liberté de manifester, vive la résistance !
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Fabien Fivaz, le 2009-12-18 | 0 commentaire(s) | Permalink | 677 lecture(s)
Budget 2010 de l'Etat. Intervention
Voici l’intervention concernant le budget 2010 de l’Etat. Peut-être que pour certains, il permettra de remettre les pendules à l’heure, tant les propos de la presse déforme finalement ce que nous avons réellement dit au début du mois de décembre.
Madame la Présidente, mesdames, messieurs,
La crise économique que nous traversons aujourd’hui est grave. Elle touche durement la population, à travers le recours au chômage ou à l’aide sociale, et plus largement à travers une incertitude face à l’avenir pour l’ensemble des habitants de notre canton. Pour les finances de l’Etat, cette situation entraîne plusieurs choses. D’abord la dégradation des rentrées fiscales que le Conseil d’Etat a estimé en diminution de plus de 51 millions en comparaison du budget 2009, et ceci rien que sur les personnes morales (une dégringolade de – 43%). L’explosion des charges d’aide matérielle présente l’autre facette du problème conjoncturelle que nous traversons. Elles augmenteront d’un peu moins de 20 millions par rapport au budget 2009. Ensemble, ces deux mesures péjorent déjà le budget de plus de 70 millions, à quoi nous pouvons encore ajouter les autres dépenses d’intensité qui sont en forte augmentation. Si on y ajoute les reports de charges de la Confédération, on atteint le fond.
Les mécanismes de freins nous empêchent pourtant de « laisser passer l’orage » à moins bien sûr que le Conseil d’Etat ou le Grand Conseil en décide autrement. Une décision courageuse, que le Conseil d’Etat n’a pas voulu prendre en 2010-2011 et qu’il a préféré reporter à 2011-2012 ou laisser le soin au Grand Conseil de prendre la décision à sa place. L’argument utilisé est que la situation sera alors « pire » qu’elle n’est aujourd’hui. Nous n’entrerons pas le sur le terrain des indicateurs économiques, mais userons d’une argument pragmatique. Quel que soit la situation en 2012, les réformes structurelles qu’aurait permis la suspension des freins auraient à notre avis été bénéfiques au canton, parce que contrairement à ce qui nous est proposé aujourd’hui, elles auraient pu être inscrites dans un processus, en dialoguant avec les partenaires de l’Etat (nous y reviendrons) et auraient sans doute permis de faire face dès 2012. Ce choix, le Conseil d’Etat ne l’a pas fait. Il a préféré réformer dans l’urgence et la précipitation, en prenant le risque du chaos budgétaire que nous allons vivre durant deux jours.
Cela étant dit, le groupe POPVertsSol aimerait exprimer ici une profonde inquiétude quant à l’avenir de notre canton. Du point de vue éthique, ce budget n’est aujourd’hui pas acceptable. L‘éthique nous indique – ou nous enseigne – comment nous devrions nous comporter, en tant qu‘être humain, envers nous-mêmes en tant que groupe ou société, et envers ce qui nous entoure. Le budget que l’on nous demande aujourd’hui d’accepter ne tient pas compte des cet enseignement. Il érige la confrontation en utilité et abandonne toute volonté de dialogue au profit d’une lutte sans merci pour savoir qui a raison et qui a tort. Une guerre qu’on peut encore imaginer dans une cour d‘école mais qui est impensable à l‘échelle d’une collectivité publique.
Plusieurs exemples nous sautent immédiatement aux yeux. Exemple 1. Le dialogue entre le canton et ses communes passe semble-t-il plus facilement par le tribunal fédéral que par les canaux ordinaires. C’est une situation regrettable car elle sera sans doute aujourd’hui à l’origine d’une acceptation ou non de ce budget et qu‘à notre avis, ses questions auraient dues être réglées à un autre moment de l’année, dans une situation plus calme. Et dans la concertation, car encore aurait-il fallu que les partenaires se mettent autour de la même table et discutent de leur avenir commun. Cette situation de blocage dessert l’ensemble du canton et de sa population, nous ne pouvons que le regretter. Exemple 2. Le dialogue avec le personnel n’a simplement pas eu lieu cette année, alors que c’est sans doute dans les moments les plus difficiles qu’il est le plus important. Mais le Conseil d’Etat n’en a pas voulu, il a d’emblée affirmer sa volonté de ne pas négocier ce qu’il a lui-même qualifié de non-négociable. Exemple 3. Le dialogue avec le Grand Conseil. La nouvelle cohabitation que nous vivons aurait dû nous pousser à mettre nos forces en commun. Le Conseil d’Etat n’en a pas voulu, il a préféré imposer sa vision et nous laisser ensuite le soin de nous étriper. Une fois de plus, ce que nous allons vivre aujourd’hui n’est pas étranger à cette incapacité à dialoguer et à la volonté de diviser. Notre groupe a très amèrement ressenti la volonté affichée par le Conseil d’Etat de forcer la main au Grand Conseil en proposant qu’en cas de refus du budget, il travaillerait quand même sur la base de « son » budget 2010. C’est à se demander à quoi nous servons. Exemple 4 : les autres partenaires de l‘état, prestataires d’une partie des services importants à la population. En réduisant la plupart des subventions linéairement de 10%, et ceci sans donner de directives claires quand aux prestations qui devraient ou pourraient être coupées, le Conseil d’Etat élude sa responsabilité et transfert à d’autres les problèmes éthiques, mais aussi politiques qu’engendrent toute diminution des prestations. Les coupes dans le domaine des institutions spécialisées sont à cet égard le meilleur exemple.
Pour toutes ces raisons, notre groupe est de mauvaise humeur, de très mauvaise humeur. Les amendements qui ont été proposés en CGF ou que nous avons amenés permettent certes d’améliorer un peu ce budget, mais ils ne permettront sans doute pas à l’ensemble du groupe de l’accepter (parce que pour certains, la pléthore d’amendements proposés fait du budget un budget d‘épicerie). Pour beaucoup, ce budget est un exercice de démantèlement de l’Etat, qui donne une image catastrophique de nos institutions. Notre groupe a fixé une règle qui tient toujours : aucune des mesures ne doit être pérenne, la situation est avant tout conjoncturelle et nous attendons un véritable plan de réformes, basé sur un vision du canton que nous pouvons accepter. Mais aujourd’hui, hormis une vision économique, nous ne voyons malheureusement rien. Les coupes ont lieu dans les domaines essentiels de l’Etat, dans la formation, la santé, l’aide aux éléments les plus fragiles. Ceci, personne ne peut l’accepter.
Nous regrettons finalement que le Conseil d’Etat n’ait pas réfléchis à la question des recettes et nous laisse le soin de le faire. Les efforts que le canton doit mettre en oeuvre afin de faire face à la crise économique que nous traversons, doivent être portés par tous, en fonction de leur capacité financière.
Pour terminer, le groupe POPVertsSol aimerait encore remercier l’ensemble des services de l’administration pour leur travail (une pensée particulière va à Mesdames Gauthier et Pug qui ont dû subir les humeurs de la commission de gestion et finances, parfois même le dimanche soir).
Je vous remercie
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Fabien Fivaz, le 2009-12-17 | 0 commentaire(s) | Permalink | 826 lecture(s)
Sous les pavés, la terre!
« Un autre monde est possible », c’était le slogan des altermondialistes qui, comme moi, ont battu le pavé pacifiquement au tournant du siècle. A l’époque, les cibles étaient reconnaissables : l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. On parlait d’axe du mal. Et avec raison, ces trois organisations représentaient la branche institutionnelle d’un capitalisme qui détruit tout sur son passage : les liens sociaux, la solidarité, l’environnement et finalement le modèle économique qu’ils étaient censés défendre.
Aujourd’hui, l’altermondialisme s’est largement désagrégé. Mouvement d’action citoyenne, il a été récupéré, déformé et a finalement perdu son dynamisme. Les gens qui comme moi pensaient que c’est dans la rue qu’on changeait le monde, ont intégré les structures des partis traditionnels, ont abandonné leur lutte ou ont radicalisé le mouvement au point de lui faire perdre sa crédibilité.
La crise climatique change la donne. A l’époque des manifestations de Seattle, Gène ou Davos, en marge du G8 ou du WEF, on en parlait peu. La bête noire des manifestants restait principalement le capitalisme, version ultralibérale. Aujourd’hui, on ne parle plus que de la concentration de gaz à effet de serre dans notre atmosphère et de son corolaire, l’augmentation globale de la température. Et personne ne remet finalement en cause le fait que ces changements seront le moteur de l’économie du XXIème siècle, autant que son destructeur potentiel. Ce qui reste pourtant des combats du début du siècle, c’est l’approche globale du problème et l’indispensable solidarité entre les peuples. C’est la conscience que les problèmes sont interdépendants : les changements climatiques créent la famine, encouragent les guerres et engendrent des mouvements migratoires dont l’ampleur était jusqu’alors inconnue. L’autre idée qui reste, c’est que la société civile joue encore et toujours un rôle essentiel dans le processus qui permettra de changer notre monde.
Les jeunes Verts neuchâtelois seront de la partie, parce que si nous n’avons pas accès aux salons feutrés du Bella Center de Copenhague, nous ne serons pas très loin, pour que nos voix soient entendues et parce que dans le parcours d’un écologiste, la Conférence sur les changements climatiques représente sans aucun doute l’événement d’une vie. Le Sommet du climat concentre les espoirs et les attentes d’une grande partie de l’humanité. Espoir qu’ensemble nous réussissions à nous responsabiliser pour diminuer notre impact sur la planète et espoir de changer notre économie, vers plus de solidarité, vers plus de cohérence. Cet espoir demandera à chacune et chacun de nous de faire des efforts, localement et globalement, individuellement et collectivement.
Puissent les chefs d’Etat et négociateurs des 193 pays représentés à Copenhague entendre cet appel. Ce n’est que dans le dialogue et la concertation que nous trouverons une solution courageuse qui convienne à tous. Les décisions des deux prochaines semaines sont essentielles pour l’avenir de l’humanité, ayons ensemble le courage d’affronter ces défis et de les transformer en opportunités.
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Fabien Fivaz, le 2009-12-09 | 0 commentaire(s) | Permalink | 890 lecture(s)
Le tour du canton de Fernand Cuche
Fernand est de retour en terres neuchâteloises pour défendre de manière simple et “apolitique” la loi sur l‘énergie. Entre textes, photos et vidéos, son blog nous emmène à la rencontre de personnes qui œuvrent à leur manière dans le domaine de l‘énergie. Bravo Fernand!
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Fabien Fivaz, le 2009-11-16 | 0 commentaire(s) | Permalink | 1008 lecture(s)
Stop aux délires!

Inscrivez-vous sur le site http://www.libertereligieuse.ch/ et rejoignez le groupe Facebook.
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Fabien Fivaz, le 2009-11-05 | 0 commentaire(s) | Permalink | 934 lecture(s)
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